Avant-lès-Marcilly et environs

Les boulev du XXème siècle

 

  II . LES BOULEVERSEMENTS DU XXème SIECLE

 

    1 - un début de siècle prometteur

 

      Dès le début du XXème siècle, les paysans n'ont plus la nostalgie de leurs traditions.

      Ils croient au progrès et aux bienfaits qui peuvent en découler.

 

      Pour faire face à l'exode  rural, il faut mécaniser.

      Pour améliorer les productions, il faut adapter aux besoins et aux conditions locales

      les races de bétail et de culture par le biais

      de sélections et de croisements.

 

      L'utilisation des engrais chimiques se développe rapidement.

 

      La polyculture et les productions artisanales à la ferme ( fromage, beurre,cordes, pain...) laissent progressivement

      la place à des agricultures spécialisées permettant de pouvoir investir dans du matériel plus performant

 

 

    2 - Le désastre de la première guerre mondiale

 

       Près de 60% des hommes sont mobilisés,

     20% n'en reviendront pas,

 

     20% resteront handicapés.

 

      Pour AVANT, environ 90 paysans sont partis dans les tranchées plusieurs années,

 

      18 y sont restés

 

    et l'on ne compte pas ceux qui sont

      revenus infirmes

 

 

      ou incapables de retourner travailler aux champs.

      La main d'oeuvre fait défaut car les femmes,

      les anciens et les enfants ne peuvent suffire à la tache.

 

       De plus la proximité du front, dans la Marne

       oblige à des réquisitions régulières.

       Le gouvernement conscient du problème fait venir des ouvriers polonais,

       espagnols, portugais ou italiens.

       Certains resteront définitivement au village.

        D'autre part des réfugiés belges ou du Nord de la France,

        fuyant leur pays en guerre,

        se sont également implantés sur notre commune.


         3- Le retour du progrès

         Dès la fin de la guerre, la mécanisation reprend avec plus de vigueur.

         Les premiers tracteurs apparaissent.

         Les plus puissants ( 20 chevaux),

 

       issus de la transformation d'un char d'assaut ,

        sont montés sur chenille.

 

 

         Les années 30 voient se diversifier les modèles.

         Leur puissance ne cese d'augmenter.

 

         Les grandes exploitations commencent à acquérir

         les premiéres moissonneuses.


         La production peut ainsi être davantage intensive

         Mais l'exode rural se poursuit

         et la main d'oeuvre est toujours aussi insuffisante malgré la mécanisation.

         Certaines terres sont alors abandonnéesau profit de la forêt

         ou de la prairie pâturée.


         C'est l'époque où la formation des jeunes agriculteurs,

         et l'information des paysans permettent de rationaliser les techniques de      

         fertilisation et de développer le machinisme.

 

         Le sevice du Génie Rural est créé le 26 décembre 1918.

         L'office national interprofessionnel du blé est mis en place le 15 août 1936.

         Depuis 1929, les coopératives céréalières se développent

        pour protéger les producteurs des effets de la spéculation

        et les aider à la modernisation.


         4- la tourmente de la seconde guerre mondiale

         A partir de 1940, la zone occupée où se situe notre région

         ne reçoit plus d'importation et doit en plus exporter

         vers l'Allemagne où les hommes mobilisés ne peuvent plus travailler aux champs.

 

        Notre agriculture se trouve alors désorganisée.

        La tendance est au retour à un fonctionnement en autarcie

        afin d' avoir de quoi vivre mais avoir le moins possible à en acheter,

        à vendre et surtout à donner aux allemands.


        C'est le retour à la petite poly-culture

        familiale et au marché noir.

        Par conséquent la production chute, la famine menace les villes.

        Les paysans les plus riches provoquent alors des jalousies.

        Des réglements de compte se font sous couvert de la résistance

        ou par dénonciations aux allemands.

 

        La suspicion et les actes héroiques rendent la vie de nos villages très difficiles.


      5 - vers le mondialisme

 

     A partir de 1945, la parenthèse se referme, et l'élan d'avant guerre reprend.

    Le progrès technique se poursuit.

    Le matériel est de plus en plus puisssant et fiable.

     Il se généralise dans les années 60, au dépends des chevaux de traits

     qui disparaissent alors complétement.

 

    L'agriculture se doit  d'être productiviste.

    Les engrais chimiques ont presque complétement remplacé les fumures naturelles.

    Les pesticides se développent.


    Les terres sont sont réorganisées pour améliorer la production et agrandir les parcelles:

                                                c'est le    " remembrement "

 

                                     Sur notre commune, il est lancé en 1965.

 

     Comme partout, il est cause de bien des querelles et mécontentements,

      et a toujours tendance à favoriser les plus puissants.

 

     Il est également responsable d'une profonde modification du paysage

     car il conduit à l'accélération de la disparition

    des petites parcelles de bois et des "pleux", prairies naturelles parsemées de buissons.

 

     Le paysage que nous connaissons date essentiellement de cette époque.

 

     La production s'est industrialisée et artficialisée dans un cadre principalement économique.

     La population agricole est à son niveau le plus bas.

 

      Depuis le début du siècle, les plus petites exploitations

     n'ont cessé de disparaitre au profit de plus grandes toujours plus grandes.

 

     Sur notre commune , on est ainsi passé de

                                                67 exploitations de 30 ha de moyenne en 1901,

                                    à          23 d'environ 115 ha en l'an 2000

 

     De plus, la plupart, des exploitations encore existantes sont devenues

                               des Sociétés Anonymes ( S.A.)  18 sur les 23.

 

     Chaque exploitant est à la recherche de la culture qui devrait lui rapporter le plus l'année suivante.

     Si les céréales,

 

       le colza,

 

 

      la betterave à sucre   

 

                                                          restent jusqu'à présent traditionnels,

 

     d'autres cultures apparaissent :

                                                        chanvre    

                                 pomme de terre,

 

 

                                    petits pois 

 

     Certaines mal adaptées à nos conditions, n'ont duré que quelques années

                                                   mais

 

                                                                                   tournesol

    D'autres demeurent trés épisodiques

                                                           fèves,

 

                                                   lin ,

                                                                       oeillettes

 

    L'élevage a quasiment disparu

 

    Pour une partie de la population qui est de moins en moins agricole,

     il semble parfois que le respect des équilibres naturels,

    qui seul peut garantir la pérennité de la production,

    est abandonné au profit du bénéfice attendu à court terme et de la confiance

    absolue dans le progrès.

 

    Pourtant, un élément nouveau allait bouleverser cette euphorie, dans les années 1980.

   L'agriculture produit trop et l'on s'aperçoit que la pérénnité de nos richesses naturelles

   et cultures n'est plus assurée.

   C'est le temps des quotas,

                                   le retour des jachéres,   

 

    l'apparition de missions de protection de l'environnement et des paysages..

   C'est également le retour des fumures naturelles

      telles que les fumiers de poulailler en provenance du Bénélux.

 

   Ce revirement est souvent mal vécu par les cultivateurs qui doivent remettre en question leurs certitudes.